Doku — La Chronique perdue · Épisode 3 / 7

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DokuArras

La ville aux mille vies

L'Artois, des Gaulois à aujourd'hui

Six chapitres, six visages d'Arras : le pays des Atrébates il y a plus de 2 000 ans, la ville romaine de Nemetacum, les trouvères du XIIIᵉ siècle, les tapisseries des ducs de Bourgogne, les boves creusées sous les pavés et la citadelle de Vauban. À chaque époque, Pip change de tenue, et chaque zone gagnée lui rend une page sourcée de l'histoire de la ville.

La Brume

La Brume du Silence, inventée pour le jeu, veut faire taire Arras : ses chants, ses histoires, ses ateliers et sa fête. Elle prend la forme de choses — marcassins, amphores, fromages, pelotes de laine, lettres envolées, souris — que Pip dissipe. Aucune ne représente un peuple ou une armée.

6

chapitres

2

mini-jeux

18

espèces au carnet

L'histoire vraie

Ce que l'épisode raconte

Le nom de l'Artois viendrait des Atrébates, un peuple celte de la Gaule belgique, et Arras garde aussi leur nom. Leur oppidum, Nemetocenna, devient Nemetacum, une ville romaine de 35 hectares au croisement de la via Agrippa, de Lyon à Boulogne, et de la route d'Amiens à Bavay. Au XIIIᵉ siècle, Arras est « le plus grand centre littéraire urbain européen » : ses trouvères s'y affrontent en chansons au Puy, et Adam de la Halle y fait jouer le Jeu de la feuillée en 1276. Aux XIVᵉ et XVᵉ siècles, ses tapisseries sont si recherchées qu'en italien une tapisserie se dit « arazzo », et en anglais « arras ». Sous la ville, les boves ont été creusées dans la craie dès le IXᵉ siècle pour bâtir les églises et le premier rempart, puis sont devenues les caves des marchands ; en 1916, des tunneliers venus de Nouvelle-Zélande les ont explorées et reliées par des tunnels. En surface, le beffroi est au patrimoine mondial depuis 2005, et la citadelle de Vauban, jamais attaquée — d'où son surnom de « Belle Inutile » —, l'est depuis 2008.

L'écran d'accueil de l'épisode dans le jeu

Les grandes dates

  1. 1

    27 av. J.-C.

    L'empereur Auguste crée la cité des Atrébates, en latin civitas Atrebatum.

  2. 2

    301

    L'édit de Dioclétien sur les prix parle encore de la qualité des lainages des Atrébates.

  3. 3

    1276

    Le Jeu de la feuillée d'Adam de la Halle est joué à Arras.

  4. 4

    1384 - 1477

    Arras appartient aux ducs de Bourgogne, qui commandent des tapisseries pour montrer leur richesse et les offrent en cadeau.

  5. 5

    1554

    Le beffroi d'Arras, haut de 75 m, est achevé.

  6. 6

    9 août 1640

    Après un siège de près de deux mois, Arras, alors espagnole, se rend à l'armée de Louis XIII et devient française.

  7. 7

    1668

    Louis XIV fait bâtir la citadelle d'Arras sur les plans de Vauban.

  8. 8

    1916

    Des tunneliers néo-zélandais relient les vieilles carrières sous Arras par des tunnels.

  9. 9

    1922

    À Beaurains, deux ouvriers trouvent un trésor romain : monnaies, bijoux et médaillons d'or.

  10. 10

    7 juillet 2008

    La citadelle d'Arras entre au patrimoine mondial de l'Unesco avec onze autres sites fortifiés par Vauban.

Les chapitres

Chapitre après chapitre

  1. Chapitre 1

    Le pays des Atrébates

    Il y a 2 000 ans : une ferme gauloise, une route romaine et le peuple qui a donné son nom à l'Artois.

    Pip est
    un petit Gaulois
    Il lance
    des baies de gui
    On traverse
    la ferme gauloise, les champs, la forge, le bois, la route romaine, la porte de l'oppidum
    Le gardien (inventé)
    le Grand Sanglier de Brume

    Les pages de la Chronique

    • Il y a plus de 2 000 ansLes Atrébates, un peuple celte de la Gaule belgique, vivaient à peu près là où se trouve l'Artois. Le nom de l'Artois viendrait d'eux, et la ville d'Arras garde aussi leur nom.
    • IIᵉ – Iᵉʳ siècle av. J.-C.Dans un bois entre Pas-en-Artois et Warlincourt-lès-Pas, on a trouvé le trésor des Atrébates : 42 pièces, surtout des bijoux gaulois en or, dont quatre torques, des colliers rigides. Il est conservé au Musée d'Archéologie nationale.
    • 27 av. J.-C.L'empereur Auguste réorganise la Gaule et crée la cité des Atrébates, en latin civitas Atrebatum : leur pays entre dans l'Empire romain.
    Au carnetSanglierCoqGui
    Compagnon gagnéChicken
    Capture du jeu — Le pays des Atrébates
  2. Chapitre 2

    La ville romaine

    Nemetacum, la ville romaine qui deviendra Arras : la Brume du Silence a fait taire ses rues et réveillé le Minotaure de la grande mosaïque !

    Pip est
    un petit Gallo-Romain
    Il lance
    des tesselles de mosaïque
    On traverse
    la route de la ville, le quartier des tisserands, les thermes, le forum, la maison aux mosaïques, la mosaïque du labyrinthe
    Le gardien (inventé)
    le Minotaure de Brume

    Les pages de la Chronique

    • Iᵉʳ siècleNemetacum, la ville romaine qui deviendra Arras, est bâtie à partir du début du Iᵉʳ siècle sur un plan en damier : ses rues se croisent toutes à angle droit.
    • 301En 301, l'édit de l'empereur Dioclétien, qui fixe les prix les plus hauts de tout l'Empire romain, parle encore de la qualité des lainages des Atrébates.
    • 1922Le 21 septembre 1922, à Beaurains, tout près d'Arras, deux ouvriers qui extrayaient de l'argile trouvent un trésor romain : des monnaies, des bijoux et des médaillons d'or.
    Au carnetNoyer communEscargot de BourgogneRougequeue noir
    Compagnon gagnéOvis
    Capture du jeu — La ville romaine
  3. Chapitre 3

    Les trouvères

    Arras au temps des trouvères : la Brume du Silence a fait taire la ville des chansons et réveillé une gargouille de la cathédrale !

    Pip est
    un petit jongleur
    Il lance
    des balles de jongleur
    On traverse
    les prés devant les remparts, le quartier des drapiers, la chapelle de la Sainte-Chandelle, le marché, la cour du Puy, le parvis de la cathédrale
    Le gardien (inventé)
    la Gargouille de Brume

    Les pages de la Chronique

    • XIIIᵉ siècleUn trouvère est un poète qui invente ses chansons, les paroles et la musique, en langue d'oïl, d'où vient le français. Au XIIIᵉ siècle, Arras est le plus grand centre littéraire de toutes les villes d'Europe.
    • XIIIᵉ siècleLe Puy d'Arras organisait des concours de chansons entre trouvères, présidés par un « Prince du Puy » élu chaque année ; des femmes pouvaient y être juges.
    • 1276En mai-juin 1276, on joue à Arras le Jeu de la feuillée d'Adam de la Halle : son père, ses amis, des gens d'Arras et trois fées y paraissent. C'est l'une des premières pièces de théâtre en français qui ne racontent pas une histoire religieuse.
    Au carnetAubépineRossignol philomèleAbeille domestique
    Compagnon gagnéPlume
    Capture du jeu — Les trouvères
  4. Chapitre 4

    La ville des tapisseries

    Arras au temps des ducs de Bourgogne : la Brume du Silence a fait taire les ateliers et défait la grande tapisserie de saint Vaast !

    Pip est
    un petit apprenti lissier
    Il lance
    des pelotes de laine
    On traverse
    les champs de guède, la rivière des teinturiers, l'atelier des lissiers, la rue des tapisseries, la cour du marchand, la cour de l'abbaye
    Le gardien (inventé)
    la Pelote de Brume

    Les pages de la Chronique

    • XIVᵉ - XVᵉ sièclesLes tapisseries d'Arras étaient si célèbres qu'en Italie on les appelait des « arazzi », et qu'en Angleterre on disait simplement « arras ».
    • XVᵉ siècleUne tapisserie d'Arras du XVᵉ siècle montre saint Vaast qui apprivoise un ours brun, dans un pré fleuri parcouru par trois lapins. Elle est au musée des Beaux-Arts d'Arras, dans l'ancienne abbaye Saint-Vaast.
    • 1477En 1477, le roi Louis XI prend Arras : les ateliers de tapisserie se dispersent et Tournai prend la relève. Mais en anglais, une tapisserie s'appelle toujours un « arras ».
    Au carnetGuède (pastel des teinturiers)Chardonneret élégantLapin de garenne
    Compagnon gagnéPompon
    Capture du jeu — La ville des tapisseries
  5. Chapitre 5

    Sous les pavés

    Sous la place des Héros d'Arras, la Brume du Silence a éteint les lanternes des boves et effacé les traces des tunneliers !

    Pip est
    un petit explorateur des boves
    Il lance
    des craies de couleur
    On traverse
    la place des Héros, les caves des marchands, la vieille carrière, les galeries des tunneliers, le grand abri, la carrière Wellington
    Le gardien (inventé)
    l'Éteignoir de Brume

    Les pages de la Chronique

    • Dès le IXᵉ siècleDès le IXᵉ siècle, on creuse sous Arras pour en tirer la craie qui bâtit les églises et le premier rempart. Au XIIᵉ siècle, ces boves deviennent les caves des marchands : il y fait 11 °C toute l'année.
    • 1916En 1916, une compagnie de tunneliers arrive de Nouvelle-Zélande. Ils relient les vieilles carrières d'Arras par des tunnels et leur donnent des noms de villes de chez eux : Auckland, Wellington, Nelson, Christchurch…
    • 1ᵉʳ mars 2008La carrière Wellington ouvre au public : on y descend avec un guide. Un mur honore les tunneliers néo-zélandais, et chaque 9 avril, à l'aube, on s'y retrouve pour se souvenir.
    Au carnetGrand rhinolopheDécoupureScolopendre (langue-de-cerf)
    Compagnon gagnéBattica
    Capture du jeu — Sous les pavés
  6. Chapitre 6

    La Belle Inutile

    Le jour où les géants d'Arras sortent, la Brume du Silence veut que la Belle Inutile se batte enfin, et que les géants restent enfermés !

    Pip est
    un petit maraîcher d'Achicourt
    Il lance
    des sucettes qui tournoient
    On traverse
    le glacis, le fossé du bastion, le rempart, la cour des casernes, la porte Royale, la Grand-Place d'Arras
    Le gardien (inventé)
    l'Étoile de Brume

    Les pages de la Chronique

    • 1668Louis XIV fait bâtir la citadelle d'Arras sur les plans de Vauban : un pentagone, entouré de fossés où l'on fait venir l'eau du Crinchon. Côté ville, la porte Royale est ornée comme un arc de triomphe.
    • XVIIᵉ siècleLa citadelle n'a jamais été attaquée : on l'a surnommée « la Belle Inutile » ! Dans sa cour se dressent des casernes de brique et la chapelle Saint-Louis (1673).
    • Achevé en 1554Le beffroi d'Arras, haut de 75 m, est détruit en 1914 puis reconstruit à l'identique. Tout en haut veille un lion doré de deux mètres, qui tient un soleil.
    Au carnetHérisson d'EuropeGiroflée des muraillesFaucon crécerelle
    Compagnon gagnéBlack Cat
    Capture du jeu — La Belle Inutile

Les mini-jeux

Pour jouer autrement

Ils s'ouvrent une fois leur chapitre gagné : pas de combat, pas de Brume, juste un lieu et un savoir-faire.

  • Robin et Marion

    Après le chapitre « Les trouvères »

    Dans la cour du Puy, la troupe joue le Jeu de Robin et Marion. Accompagne la chanson de Marion au tambourin !

    Ce qu'on apprend

    Le Jeu de Robin et Marion a été écrit par Adam de la Halle, trouvère d'Arras, vers 1283, sans doute pour la cour de Naples. C'est une pièce entrecoupée de chansons, réputée la plus ancienne pièce profane française avec musique ; Pip y accompagne au tambourin la chanson de Marion.

    Capture du jeu — Robin et Marion
  • La tapisserie de Pip

    Après le chapitre « La ville des tapisseries »

    Dans un atelier d'Arras, tisse ta première tapisserie : un lapin, une passée après l'autre… sur l'envers !

    Ce qu'on apprend

    Le lissier tisse sur l'envers, d'après le carton, le grand modèle peint ; un petit miroir lui montre l'endroit. Une flûte chargée de laine forme la trame colorée, et un peigne la tasse.

    Capture du jeu — La tapisserie de Pip

Avec soin

Ce que le jeu invente, ce qu'il ne montre pas

  • Pip, Roussette, la Hulotte, le Grimoire, la Brume du Silence, ses Brumelins et ses gardiens sont inventés. Les Brumelins sont dissipés, jamais tués, et ne représentent aucun peuple ni aucune armée.
  • Aucun guerrier, gaulois ou romain, aucun soldat, aucune arme, aucun drapeau : la conquête de César, les sièges et la bataille d'Arras de 1917 sont racontés par les pages, jamais montrés.
  • Les lieux sont imaginés d'après les sources : les fouilles d'Arras n'ont pas retrouvé « ce » forum ni « ces » thermes, et sous la ville les carrières forment plusieurs réseaux que le jeu met bout à bout.
  • La Sainte-Chandelle et les souris qui mangeraient les chats sont des légendes, dites comme telles ; la tapisserie de saint Vaast que Pip retisse est une reconstitution libre de celle du musée, qui est intacte.
  • Dans les boves, les dessins au charbon sur la craie sont inventés pour le jeu, sans un mot ; le jeu ne montre que des traces : rails, câbles, châlits.
  • Colas, Jacqueline et Dédé, les géants d'Arras, sont dessinés d'après une description de 1928 et leurs photos d'aujourd'hui : des maraîchers, sans arme.

En vrai

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